Document particulièrement intéressant (figure 1, a et b), rédigé à l’époque où la médecine était balbutiante et recherchait des méthodes ou techniques capables d’améliorer les malades.
La médecine était alors à l’aube de son incroyable évolution. On recherchait ainsi, grâce aux techniques manuelles, le procédé qui allait (peut-être !) soulager, voire guérir, l’homme souffrant.
Le massage était roi. Les techniques étaient cependant mal définies, voire aléatoires, mais l’opérateur était persuadé de son efficacité. On traitait toutes les pathologies. Il faut dire que peu d’autres ressources thérapeutiques étaient disponibles…
Après un bref rappel historique, l’auteur évoque tour à tour :
-Les principaux effets du massage,
-Sa classification personnelle des manœuvres de massage :
*L’effleurage (figure 2) avec frôlements et onctions
*Les pétrissages (figure 3) en pincements et en malaxations
*Les pressions douces (rectilignes, elliptiques, spiroïdes) et les pressions fortes (froissement, foulage)
*Les percussions à plat (figure 4) : calmantes, hypoesthésiantes, à poing fermés (douces, fortes)
*Les mouvements de massage : secousses, traction, torsion, flexion, extension, rotation, circumduction, supination, pronation, adduction, abduction
*Le massage vibratoire.
-Les appareils de massage utilisés à l’époque : appareils à percussions mécaniques (figure 5), appareils à percussions électriques (figure 6), appareils à pressions glissées (figure 7), appareils à vibrations.
L’auteur évoque ensuite l’intérêt du massage dans différentes spécialités : traumatologie (fractures, entorses, contusions articulaires, hydarthroses, ankyloses, affections musculaires), orthopédie (torticolis, pieds bots, scolioses), rhumatologie (arthrites, lumbago, sciatique), neurologie (paralysies, névrites, polynévrites, douleur), gastro-entérologie (constipations, diarrhées), angiologie.
Le massage est aussi décrit pour d’autres pathologies pour lesquelles il n’est pas, à priori, principalement indiqué comme l’obésité, la goutte, le diabète sucré, les maladies des yeux, du larynx, du pharynx et de l’appareil auditif, ainsi que les troubles génito-urinaires. |
Il cite une méthode personnelle, décrite en 1884, pour traiter les sciatiques appelée : « Procédé d’élongation du sciatique ». Pour le traitement d’une sciatique gauche, le malade est allongé, en décubitus dorsal, sur un lit. Le masseur est à genoux sur le lit, aux pieds du patient. Le membre inférieur droit du patient repose sur le lit, en extension. Le membre inférieur gauche est soulevé par le masseur, hanche fléchie à environ 120°, genou en extension maximum. Le masseur est en appui sur son genou gauche, et place son genou droit contre l’échancrure sciatique du patient, point d’émergence du nerf sciatique. Parallèlement à cet « écrasement », l’opérateur masse avec sa main droite la jambe du patient sur le trajet du sciatique (figure 8).
Figure 8. Le procédé d’élongation du sciatique du Dr Berne
Cet ouvrage doit être lu comme un témoignage historique concernant le massage. Il est le témoin de l’importance de cette technique de soin à la fin du XIXème siècle.
A la lecture de ce livre, on sourit quelquefois par rapport à l’indication posée ou par rapport aux résultats annoncés. Mais il montre, non sans émotion, que les médecins de l’époque étaient fort démunis pour traiter des pathologies lourdes ou invalidantes. Ces praticiens gardaient cependant, face à leurs patients souffrants, une grande confiance à leur technique et une profonde foi aux gestes de massage. |